Préparer sa retraite psychologiquement, c’est anticiper ce que le travail apportait (un rôle, un rythme, des relations) et décider de ce qu’on veut construire à la place. Le mieux est de commencer au moins un an avant le départ, pour tester des projets pendant qu’on travaille encore.
Garder un rythme, des liens et une activité qui a du sens aide à passer les premiers mois. Un bilan de compétences ou un coaching peut accompagner cette étape.
Préparer sa retraite psychologiquement, c’est anticiper ce que vous allez perdre en quittant votre travail (un rôle, un rythme, des relations) et décider de ce que vous voulez construire ensuite. Le départ est attendu pendant des années, puis il arrive en un jour, et beaucoup de personnes sont surprises par ce qu’elles ressentent.
Dans cet article, nous expliquons pourquoi ce passage bouscule autant, à quel âge commencer à s’y préparer et quelles questions se poser. Nous parlons aussi de la peur de la retraite et des premiers mois, puis de ce qu’un accompagnement peut vous apporter.
Pourquoi le passage à la retraite bouscule autant
Le travail vous donne un statut, un emploi du temps et un réseau de relations. La retraite vous les retire le même jour.
Il y a d’abord la question qu’on vous pose dans un dîner : « Et vous, vous faites quoi ? ». Pendant quarante ans, vous aviez une réponse simple. Du jour au lendemain, il n’y en a plus, et c’est une partie de votre identité professionnelle qui vacille.
Il y a ensuite le rythme. Le réveil, les réunions, les échéances structuraient vos semaines. Sans eux, les journées peuvent sembler longues, ou au contraire filer sans qu’on sache à quoi.
Le cercle professionnel s’éloigne aussi. Les collègues continuent sans vous, les nouvelles arrivent moins souvent, et on mesure alors la place que ces relations prenaient.
Enfin, la vie de couple change. Deux personnes qui passaient leurs journées chacune de leur côté doivent réinventer leur façon de vivre ensemble.
« On pensait qu’on se connaissait, et en fait on s’est retrouvés sur le dos l’un de l’autre, constamment. Ça a failli lâcher. On a dû ajuster notre manière de voir notre quotidien, ensemble et séparément. »
La phrase que nous entendons le plus souvent, elle, tient en quelques mots : « Je ne vais plus être utile à personne. » Elle dit l’essentiel de ce qui inquiète : le sentiment d’utilité, plus que l’argent ou le temps libre.
À quel âge commencer à préparer sa retraite ?
Commencez au moins un an avant le départ, et plus tôt si vous le pouvez : vous aurez le temps de tester des projets pendant que vous travaillez encore.
Un an, c’est le temps de faire le tour de vos envies, d’essayer une activité bénévole, de vous renseigner sur une formation ou sur la création d’une micro-entreprise, sans la pression du départ. Deux ou trois ans, c’est encore mieux si vous envisagez un projet qui demande une formation longue.
Un rendez-vous peut servir de point de départ : l’entretien de parcours professionnel que votre employeur doit organiser dans les deux années qui précèdent vos 60 ans (article L6315-1 du Code du travail). Il aborde le maintien dans l’emploi et les aménagements de fin de carrière, comme le temps partiel ou la retraite progressive. C’est le bon moment pour réfléchir à la suite, et pour y arriver avec des idées.
Autre raison de ne pas attendre : votre compte formation reste utilisable jusqu’à votre départ officiel, puis il est fermé. Nous expliquons dans un autre article comment utiliser son CPF avant la retraite.
Les questions à se poser avant de partir
Avant le départ, quelques questions simples aident à voir ce que vous voulez garder, arrêter et commencer :
- Qu’est-ce qui va me manquer ? Les contacts, les responsabilités, le cadre ?
- Qu’est-ce que je ne veux plus vivre ?
- Qu’est-ce que j’ai mis de côté et que j’ai envie de faire ?
- À quoi ressemblera une semaine type ?
- Est-ce que je veux garder une activité, payée ou bénévole ?
Prenez le temps d’y répondre par écrit, puis d’en parler avec vos proches. Les réponses évoluent souvent en quelques semaines, et c’est normal : elles dessinent peu à peu votre projet de vie.
Michel, 60 ans, ingénieur dans un grand groupe de l’énergie, avait une crainte très claire quand il est venu nous voir : se retrouver sans rien faire une fois à la retraite. Mais il ne savait pas quoi faire à la place. En répondant à ces questions, il a compris qu’il ne voulait pas tout arrêter d’un coup, et qu’il avait besoin de rester utile, dans son métier comme en dehors.
Parcours anonymisé
Peur de la retraite : comment éviter la déprime des premiers mois
Pour bien vivre les premiers mois, gardez un rythme, des liens et un projet qui a du sens pour vous.
- Gardez des repères dans la journée : une heure de lever, une marche, un rendez-vous régulier dans la semaine. Inutile en revanche de remplir l’agenda pour ne pas avoir à penser au vide : un emploi du temps surchargé retarde la question au lieu d’y répondre.
- Entretenez les liens en dehors du travail, et rejoignez de nouveaux groupes : une association, un club, une chorale, un cours. Le bénévolat redonne souvent ce sentiment d’utilité que le travail apportait. Les passions mises de côté et l’activité physique ont aussi leur place, pour le corps comme pour le moral.
- Si vous vivez en couple, parlez à deux de l’organisation du temps avant le départ : les moments partagés, les activités de chacun, les espaces de la maison. Ce qui va de soi pour l’un ne va pas toujours de soi pour l’autre.
Certains signaux doivent alerter : un sommeil perturbé, de l’irritabilité, un repli sur soi, une perte d’intérêt pour ce qui vous plaisait. Si la tristesse ou l’angoisse durent plusieurs semaines, parlez-en à votre médecin traitant ou à un psychologue. Ce sont eux qui peuvent évaluer la situation et vous proposer un suivi adapté.
Se faire accompagner pour bien vivre sa retraite
Un bilan de compétences permet de transformer ces questions en projet, avec quelqu’un qui guide la réflexion.
On entend parfois qu’un bilan ne sert pas à préparer sa retraite, puisque la retraite n’est pas une reconversion. Pourtant, la retraite est un projet de vie, et comme toute transition, elle se prépare mieux accompagnée. Tant que vous n’êtes pas à la retraite, vous pouvez faire un bilan financé par votre CPF.
On apprend sur soi toute sa vie, et à 55, 60 ou 65 ans, faire le point sur ses potentiels aide à rebondir. Pendant le bilan, nous explorons avec vous vos centres d’intérêt, ce qui vous motive, vos compétences, vos valeurs, votre personnalité et votre intelligence émotionnelle. L’objectif est que vous construisiez votre projet autour de qui vous êtes, pour profiter de cette période à votre rythme, selon vos contraintes et vos besoins.
Nous ciblons ensuite les activités qui vous correspondent et nous les confrontons à la réalité par une enquête terrain. Nous prenons en compte votre équilibre de vie dans son ensemble : où vous vivrez selon les saisons, la place que vous voulez donner à votre famille, à vos loisirs, à vos voyages, à une association, ou à une formation ou une micro-entreprise. Vous repartez avec une synthèse écrite et un plan d’action réaliste.
Pour Michel, ce travail a débouché sur trois projets menés en parallèle : un temps partiel comme consultant pour son entreprise, un gîte, et du bénévolat dans l’atelier de réparation de vélos de sa commune.
Notre article sur l’intérêt de faire un bilan de compétences à 55 ans raconte la suite de son parcours.
Pour cette étape, nous proposons notre bilan de compétences Se Choisir : 10 séances et 18 heures d’accompagnement sur environ 3 mois, finançable par le CPF. Parmi ses modules au choix, le module Nouvel élan associe le bilan à 4 séances d’1 h de neurofeedback, en présentiel à La Boisse (01), pour retrouver de l’énergie avant de construire la suite. Si vous voulez savoir comment fonctionne le neurofeedback, nous l’expliquons dans un article dédié.
Précisons-le : le coaching n’est pas une thérapie. Il ne soigne ni un traumatisme ni un symptôme psychologique. Il est tourné vers l’avenir, et il aide les personnes à retrouver de l’élan, de l’énergie et de la motivation quand elles se sentent dans une phase basse ou dans une impasse.
Vous êtes déjà à la retraite ? Votre CPF est fermé, mais d’autres formats restent possibles, financés par vos fonds personnels : un coaching individuel, un bilan Se Choisir ou Clarté Pro, un format court comme Déclic Pro (une séance de 1 h 30 à 2 h) ou L’Essentiel (5 séances sur 6 semaines).
Vous pouvez aussi nous écrire via notre formulaire de contact pour un premier échange gratuit.
Vos questions
En gardant des horaires et quelques rendez-vous réguliers dans la semaine, sans surcharger l’agenda. Un lever à heure fixe, une activité physique, un engagement hebdomadaire et du temps libre choisi suffisent souvent à retrouver un rythme. Si vous vivez en couple, organisez aussi des moments chacun de votre côté.
En trouvant un équilibre entre tous vos piliers de vie : l’amour, l’amitié, la famille, les loisirs, la contribution sociale, les activités professionnelles ou bénévoles. Quand l’un de ces piliers prend toute la place, ou qu’un autre disparaît, l’équilibre vacille. La retraite est le moment de les répartir à nouveau, selon ce qui compte pour vous.
En préparant le départ et en gardant un rythme, des liens et un projet qui a du sens (voir la section « Peur de la retraite » ci-dessus). Si la tristesse ou l’angoisse durent plusieurs semaines, parlez-en à votre médecin traitant ou à un psychologue.




