Comment identifier ses compétences transférables pour changer de métier ?

femme qui regarde son écran d'ordinateur qui montrent plusieurs compétences professionnelles

Les compétences transférables sont celles que vous avez acquises dans un métier, une formation ou votre vie personnelle, et que vous pouvez réutiliser ailleurs. Pour les repérer, partez de ce que vous avez fait et traduisez chaque action en compétence, puis triez-les selon votre envie de continuer à les utiliser.

Comparez enfin votre liste aux compétences demandées par le métier visé : l’écart vous dit ce qu’il reste à apprendre, et ce que vous savez déjà faire devient votre argument.

Les compétences transférables sont celles que vous avez acquises dans un contexte (un emploi, des études, une activité personnelle) et que vous pouvez réutiliser dans un autre métier. Vous avez envie de changer de métier, mais vous vous dites que vous n’avez pas les compétences pour vous lancer ? Ce doute freine beaucoup de personnes, et il fait perdre confiance au moment où l’on en a le plus besoin.

Pourtant, vous ne partez pas de zéro. Dans cet article, nous expliquons ce qu’est une compétence transférable, nous donnons des exemples, puis une méthode en 4 étapes pour faire votre propre inventaire et trier vos compétences selon vos envies.

Et si vous en saviez déjà plus que vous ne le pensez ?

Compétences transférables : de quoi parle-t-on ?

Une compétence transférable est une compétence acquise quelque part, que vous pouvez remettre au service d’un autre métier.

Le mot compétence vient du latin competentia, qui signifie « conjonction » : une compétence est le juste rapport entre une connaissance et sa mise en action.

Pour mener à bien une activité, elle mobilise 4 types de ressources :

  • vos savoirs (vos connaissances théoriques),
  • vos savoir-faire (votre expertise technique),
  • vos savoir-être (vos qualités dans la relation aux autres)?
  • et vos aptitudes physiques (l’usage de votre corps et de vos cinq sens).

 

On confond souvent compétences transférables et compétences transversales, et beaucoup de sîtes emploient les 2 mots l’un pour l’autre.

France Travail parle de compétences transférables quand elles passent d’un métier à un autre dans un même secteur d’activité ou une même entreprise.

Les compétences transversales, elles, servent dans presque tous les métiers : communiquer, s’organiser, travailler avec les autres.

Pour une reconversion, retenez une règle simple : plus le métier visé est éloigné du vôtre, plus vous vous appuierez sur vos compétences transversales. Plus il est proche, plus vous pourrez emporter vos savoir-faire techniques.

Exemples de compétences transférables

La plupart des compétences de votre quotidien se transfèrent, à condition de les décrire avec un verbe d’action plutôt qu’avec un intitulé de poste.

« Assistante de direction » ne dit pas grand-chose à un recruteur d’un autre secteur. « Organiser l’agenda de six personnes » ou « préparer un comité de direction » lui parle tout de suite.

Voici quelques exemples, rangés par famille :

  • Relation et communication : présenter un projet, désamorcer un conflit, adapter son discours à son interlocuteur.
  • Organisation : planifier, tenir des délais, coordonner plusieurs personnes.
  • Relation client : repérer un besoin, conseiller, négocier.
  • Outils et méthodes : maîtriser un logiciel, analyser des chiffres, rédiger un document clair.

Les compétences de relation reposent en bonne partie sur l’intelligence émotionnelle, qui se travaille comme toutes les autres.

Votre vie personnelle compte aussi. Tout ce que vous avez fait depuis l’enfance laisse des traces. Jouer du piano vous a appris la coordination, la patience et l’expression artistique. Jouer au foot vous a appris à travailler en équipe et à développer votre endurance et votre force mentale. Ces compétences servent dans une multitude de métiers.

Identifier ses compétences transférables en 4 étapes

Pour identifier vos compétences transférables, partez de ce que vous avez fait, pas de ce que vous pensez savoir faire.

  1. Choisissez 2 ou 3 expériences marquantes, professionnelles ou personnelles.
  2. Pour chacune, notez vos missions, puis les actions concrètes que vous avez menées.
  3. Traduisez chaque action en compétence, avec un verbe.
  4. Faites relire votre liste par quelqu’un qui vous a vu(e) travailler : un(e) collègue, un ancien manager, un proche. On oublie souvent ce que l’on fait sans effort.

Vos entretiens annuels, les retours de vos collègues, un test de personnalité ou un bilan de compétences passé peuvent aussi nourrir cette liste.

Pour vous montrer à quoi ressemble cet inventaire, prenons un exemple inventé : Claire, 42 ans, assistante commerciale, qui envisage de devenir formatrice. Elle a noté, pour chaque expérience, l’action, la compétence et son envie de la garder.

  • Organiser le salon professionnel annuel : coordonner 8 exposants et le planning des stands. Compétence : coordonner un projet à plusieurs intervenants. Envie de la garder : oui.
  • Traiter les réclamations des clients : écouter, reformuler, proposer une solution. Compétence : désamorcer une situation tendue. Envie de la garder : oui.
  • Suivre les ventes : mettre à jour les tableaux chaque semaine. Compétence : maîtriser un tableur. Envie de la garder : non.
  • Accueillir les nouveaux arrivants : préparer un support et les accompagner deux semaines sur le logiciel de commande. Compétence : transmettre une méthode. Envie de la garder : oui.

Sur le papier, Claire maîtrise le tableur. Mais elle ne veut plus passer ses journées dessus, et cette compétence ne doit pas guider son choix. Le métier de formatrice, lui, s’appuie sur 3 compétences qu’elle aime utiliser.

Trier ses compétences selon l'envie : les 4 zones

Savoir faire quelque chose ne suffit pas : une compétence que vous n’avez plus envie d’utiliser ne doit pas orienter votre futur métier.

Cartographier ses zones de compétences, c’est classer chacune selon 2 questions : l’avez-vous souvent utilisée, et aimez-vous l’utiliser ?

  • Zone de confort : vous l’avez souvent utilisée et vous prenez plaisir à le faire.
  • Zone de développement : vous l’avez peu utilisée, mais elle vous attire.
  • Zone d’effort : vous l’avez souvent utilisée, mais sans plaisir.
  • Zone à éviter : vous la connaissez peu et elle ne vous plaît pas.

Pour les compétences de votre zone de confort, posez-vous ces questions :

  • En quoi suis-je habile pour cette compétence ?
  • Qu’est-ce qui me fait plaisir quand je l’utilise ?
  • Dans quels contextes je l’utilise ?
  • En quoi est-elle importante et motivante pour moi ?

Pour votre zone de développement, demandez-vous plutôt ce qui vous manque pour devenir compétent(e), et ce qui vous plairait en l’utilisant.

Gardez ensuite votre top 5 : les 5 compétences que vous voulez absolument retrouver dans votre futur projet professionnel. Ce sont souvent celles où vous avez écrit « oui » dans la colonne de l’envie.

Les compétences de votre zone d’effort peuvent servir, avec parcimonie, car elles consomment de l’énergie.

Chercher un poste qui repose sur votre zone à éviter, en revanche, c’est se tirer une balle dans le pied.

Cette cartographie est l’une des séances de notre bilan Clarté Pro.

Pendant cet exercice, les personnes voient apparaître des compétences qu’elles ne regardaient plus, tant elles sont devenues évidentes pour elles. Elles constatent aussi qu’on est en général bon dans ce qu’on aime faire, et qu’il est plus facile d’apprendre ce qui nous plaît.

« Je ne pensais pas que j’en avais autant dans ma zone de confort. Ça me rassure sur ma capacité à me reconvertir » : c’est une phrase que nous entendons souvent.

Partir du métier visé pour mesurer l'écart

Comparer vos compétences à celles que demande le métier visé vous montre ce qui se transfère déjà, et ce qu’il vous reste à acquérir.

  1. Lisez plusieurs offres d’emploi et les fiches métier de France Travail, et relevez les compétences qui reviennent.
  2. Cochez celles que vous avez déjà : elles deviennent vos arguments en entretien. Les autres forment l’écart à combler.
  3. Rencontrez ensuite des personnes qui exercent ce métier. Cette enquête terrain vous apprend ce que les fiches ne disent pas : le rythme, les contraintes, ce qui plaît au quotidien.

 

Si vous hésitez encore entre plusieurs directions, notre article pour choisir un futur métier motivant vous aidera à poser les bonnes questions.

Avant de vous lancer, vous pouvez aussi tester le métier par une immersion en entreprise : France Travail en précise les conditions.

L’écart, enfin, se comble par une formation, que votre CPF peut financer si elle y est éligible, ou par une VAE (validation des acquis de l’expérience), qui fait reconnaître par un diplôme ou un titre ce que vous savez déjà faire.

Quand se faire accompagner : le bilan de compétences

Quand l’inventaire tourne en rond, ou que vous n’arrivez pas à choisir entre plusieurs pistes, un bilan de compétences fait ce travail avec vous.

Seul(e), on a tendance à sous-estimer ce que l’on sait faire et à exagérer ce qui manque.

Le bilan apporte un regard extérieur, des outils pour explorer vos intérêts et votre personnalité, une enquête terrain sur les métiers qui vous attirent, puis une synthèse écrite et un plan d’action.

Chez Aktasens, notre bilan de compétences Clarté Pro s’adresse aux personnes qui veulent sortir du flou et passer à l’action : 9 séances et 13 heures sur environ 3 mois, finançable par le CPF.

Si vous sentez surtout que vous ne vous ressemblez plus, Se Choisir va plus loin, en 10 séances et 18 heures.

Et pour comparer les organismes avant de vous décider, lisez notre article sur comment bien choisir son bilan de compétences.

Fanny, 39 ans, était manager en contrôle de gestion dans une grande entreprise. En explorant ses compétences, elle a mis des mots sur ce qu’elle faisait bien et aimait faire. Elle s’est rendu compte qu’elle était à l’aise avec l’informatique et qu’elle s’investissait beaucoup dans les projets de mise à jour des logiciels de son périmètre. Son engagement au Sou des écoles de ses enfants lui avait aussi appris à manager de façon transversale. Elle est aujourd’hui chef de projet informatique dans la même entreprise.

Parcours anonymisé

Pour aller plus loin, retrouvez la démarche en vidéo ci-dessous.

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Vos questions

Quels sont les 4 types de compétences ?

Les savoirs, les savoir-faire, les savoir-être et les aptitudes physiques. Beaucoup de sources n’en comptent que 3, sans les aptitudes physiques. Nous les gardons, parce que l’usage de votre corps et de vos sens est aussi une compétence, dans l’artisanat, le soin ou le sport.

En entreprise, l’expression désigne surtout la transmission d’un savoir-faire d’un salarié expérimenté à un autre, par exemple avant un départ en retraite. Quand on change de métier, on parle plutôt de compétences transférables : celles que vous emportez avec vous.

Oui. Notre cerveau garde sa plasticité toute la vie, et notre motivation aussi. Si vous avez plus de 50 ans, nous expliquons dans un autre article à quoi sert de faire un bilan de compétences à 55 ans.

Oui. Les compétences acquises dans vos loisirs sont tout aussi transférables : la concentration, l’écoute, la maîtrise de soi, la souplesse.

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Emmanuelle Rouaud, Coach et formatrice à Thil Ain - 01 Lyon
Emmanuelle Rouaud

Je suis coach professionnelle et formatrice internationale

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